RENCONTRES

Ceux qui l’ont vu à la télé ou écouté ses interventions dans les diverses rencontres ont tout de suite remarqué une aisance et une élégance d’expression – dans les deux langues – assez rare, il faut le dire. Ce professeur de droit public est avant tout un pédagogue. Il le démontre encore dans l’entretien qu’il nous a accordé dans son bureau au siège provisoire de l’encore nommée Commission des réformes politiques.
Nous l’avons interrogé sur les tâches de cette commission, et de l’Instance qui allait lui succéder, sur la transition institutionnelle par laquelle passe le pays, depuis que le nouveau premier ministre Béji Caïd Essebsi a carrément déclaré caduque l’ancienne constitution du pays. Ses réponses précises, nuancées n’éludent pas les ambigüités ni ne cèdent au pessimisme. Des propos de militant du droit. Un porte-parole tout trouvé pour une instance, pour l’heure, introuvable.

Ghazi ghérairi : « Nous sommes les scribes d’un droit démocratique » from univlib jamiat on Vimeo.

Meriem Zeghidi a fini par avoir un prénom. Fille de Salah Zeghidi et de Leila Adda, petite fille de Georges Adda, figure historique du parti communiste tunisien et militant de la démocratie depuis 1956, la gauche pour Meriem est une histoire familiale. Elle est tombée dedans toute petite. Après un séjour en France pour étudier et militer dans le mouvement associatif issu de l’immigration, elle est rentrée en Tunisie pour reprendre ses études universitaires, à l’Ecole des Beaux arts, et militer activement dans l’Association tunisienne des femmes démocrates. Elle nous raconte ici, avec un franc-parler et un sens spontané de la formule plutôt réjouissant, sa révolution tunisienne.

Entretien avec Meriem Zeghidi :  » Je ne dis pas que le monde arabe va être laïque, mais pourquoi pas !  » Le 22 février 2011 from univlib jamiat on Vimeo.

Etre écologiste en Tunisie est en apparence la chose la mieux partagée. Du temps de Ben Ali – comme il semble lointain – un ministère de l’environnement, une agence nationale, des discours, des noms de rues, tout pour célébrer la cause écologiste. Deux partis – l’un reconnu, l’autre pas – se présentaient comme écologistes. Pourtant, il est difficile de parler d’un véritable engagement pour la protection de la nature et de l’environnement contre les ravages du productivisme. Les militants de l’environnement sont aussi rares que têtus. Zine Ben Aïssa, président de l’association des amis du Belvédère, est de ceux-là. Il relate dans l’entretien ci-dessous les menaces qui pesaient sur le plus grand parc de Tunis convoité par l’insatiable « famille régnante ». il évoque également l’absence du souci environnemental dont la portée sociale lui paraît pourtant évidente.

Entretien avec Zinelabidine Ben Aïssa : la question écologique et la révolution en Tunisie Le 24 février 2011 from univlib jamiat on Vimeo.

D’un milieu à l’autre : des cercles des avocats aux Femmes Démocrates, des conclaves internationaux de défense des droits de l’homme aux média tunisiens (tout récemment), tout le monde en Tunisie connaît Bochra Ben Haj Hamida, sa faconde, sa joie de vivre si communicative. C’est dans le mouvement étudiant, à la fin des années 1970, dans les fameux « syndicats provisoires » et les cercles de discussion du Campus qu’elle fait ses premiers pas de militante. Quelques années plus tard, elle participe activement aux premières initiatives féministes tunisiennes qui devaient aboutir à la création de l’Association tunisienne des femmes démocrates en 1989. Elle en sera la présidente durant deux mandats, entre 1994 et 1998. Le grand public tunisien devait découvrir Bochra lors de deux émissions diffusées en direct successivement par la chaîne Nessma TV puis la chaîne nationale juste à la veille de la chute de Ben Ali. « Bochra », c’est aussi le titre d’un film de Jilani Saâdi qui lui est consacré. « Je ne suis pas une révolutionnaire », répète-t-elle à qui veut l’entendre ; pourtant, elle fait partie des noms qui auront défrayé la chronique de la jeune révolution tunisienne.

Entretien avec Bochra Ben Haj Hmida à propos de la Révolution tunisienne le 15 février 2011 from univlib jamiat on Vimeo.

Ayachi Hammami est un militant atypique. Avocat, il a été de tous les procès politiques de l’ère Ben Ali, avec ses confrères dont on a pu apprécier le rôle de premier plan dans le déroulement de la révolution tunisienne. Ayachi Hammami a été à l’origine de l’Initiative démocratique qui a soutenu la candidature de Mohamed-Ali Halouani à la présidentielle de 2004. L’année suivante, on le retrouve parmi les grévistes de la faim pour les libertés démocratiques, grève qui a eu lieu dans son bureau. En 2009, changeant son fusil d’épaule, il soutient la candidature « sauvage » de Nejib Chabbi, leader du PDP, à la présidentielle. Cet engagement en zigzag est moins la preuve d’une inconstance que d’une farouche indépendance par rapports à tous les partis. En témoigne l’entretien qu’il accorde à Al-Jazeera immédiatement après le premier discours de Ben Ali en réponse aux manifestants. Ce 28 décembre 2010, Ayachi Hammami sera l’un des premiers à reprendre les mots d’ordre révolutionnaires des insurgés de Sidi Bouzid, de Kasserine et d’ailleurs et à appeler au départ du dictateur.

Révolution tunisienne : entretien avec Ayachi Hammami from univlib jamiat on Vimeo.

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